Le phylloxera
EnquĂŞte sur ce puceron devastateur
Par : Alain Lyphout
Le phylloxera vastatrix est un puceron d’origine amĂ©ricaine.
Sa forme ailĂ©e donne des larves qui forment des galles sous les feuilles de vigne. Cette frome ne contamine que de rares cĂ©pages et est de peu de nuisance pour la plante. C’est la phase ‘gallicole’.
Les larves qui contaminent le sol, peuvent se reproduire par parthogĂ©nèse, sans passer par la phase sexuĂ©e aĂ©rienne (nous avons considĂ©rablement simplifiĂ© le cycle de reproduction de cette charmante bestiole; c’est le genre de question que l’Ă©tudiant redoute de tirer le jour de l’exam!).
Les larves en piquant la pointe des racines, créent des nodosités, eu suçant la sève sur le corps des racines, elles créent des excroissances, qui éclatent et laissent pénétrer champignons et bactéries, qui détruisent les tissus, ce qui entraine la mort des racines, donc du cep.
Les premiers moyens de lutte :
Au dĂ©but, on injecte divers insecticides (sulfure de carbone) dans le solĂ l’aide de charrues spĂ©ciales, de serringues de grande taille en mĂ©tal. Ce traitement couteux ne peut ĂŞtre pratiquĂ© que dans les grands crus et ne fait que retarder la fatale Ă©chĂ©ance.
Un remède pis que le mal : l’innondation.
En hiver, la vigne est noyĂ©e pendant 50jours sous 25 cm d’eau. Les oeufs d’hiver du phylloxera sont tuĂ©s. Ce sont donc les zones littorales ou proches de nappes phrĂ©atiques, qui sont sauvables. Ce genre de terroirs imporpre Ă la production de vins de qualitĂ©, se retrouvent colonisĂ©s par la vigne!
Les grandes régions viticoles ne peuvent pratiquer cette méthode : allez donc noyer la Montagne de Reims, les espaliers de Cote Rotie, la croupe de château Latour!
Les terroirs sableux sont exempts du parasite : extension des vignobles sur les sols Ă l’ouest de Sète, ou vers la Camargue, hauts lieux propices Ă une viticulture de qualitĂ© (cela fit la fortune de la compagnie des Salins du Midi).
Les vignes amĂ©ricaines subissent le phylloxera, mais meurs racines cicatrisent vite et les piqures de l’insecte sont pour elles un dĂ©sagrĂ©ment anodin. Leurs raisins sont petits, Ă goĂ»t ‘fort’, voire immangeables…
Par croisement avec le vitis-vinifera, des gĂ©nĂ©rations d’hybrides furent créés, rĂ©sistants Ă l’insecte, les meilleurs d’entre-eux produisent un vin jaune juste correct, les autres des breuvages aux goĂ»ts foxĂ©s … parfois dangereux pour la santĂ© (mĂ©thanol).
La solution vient de la crĂ©ation de portes greffes par Gaston Bazelle et J.C. Planchon…
Un cépage américain comme racine (donc résistant à la maladie), une partie aérienne de cépage vitis vinifera, donnant des raisins de qualité.
La replantation ne redemarre rĂ©ellement que vers 1877 et dure une vingtaine d’annĂ©es… Le vignoble est sauvĂ© mais a Ă©tĂ© considĂ©rablement fragilisĂ©.
L’odium
Au sujet de ce champignon parasite :
L’oidium, champignon parasite de la vigne, apparait en 1845, dans une serre Ă vigne en 1845, en Angleterre. En 1848, il apparait en Belgique et en France dans les serres. En 1851, il fait son apparition dans l’HĂ©rault.
Les raisins sont alors souillĂ©s d’efflorescence blanche. Sous cette force corrosive, les raisins fondent et se dĂ©ssèchent.
1853-1854, tout le vignoble du Sud de la France est contaminĂ©. C’est un dĂ©sastre : jusqu’au 2/3 de la rĂ©colte est perdue. On arrache des vignes, des populations s’expatrient…
On produit 3 fois moins, mais l’on vend jusqu’Ă 4 fois plus cher.
Henry Mares, en collaboration avec l’Ecole d’Agronomie de Montpellier, trouve le remède : le soufre fleur Ă saupoudrer sur la plante : le vignoble est sauvĂ©…
Pendant la crise, le vin etant rare, il est destinĂ© Ă la consommation directe… Une partie de la production destinĂ©e Ă la distillation, sera dorĂ©navant du vin de bouche.
L’alcool sera alors issu de la betterave Ă sucre. La qualitĂ© genĂ©rale s’amĂ©liore mais la surproduction semble inĂ©vitable Ă moyen et long terme.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres
Comment le phylloxera enrichit certains vignobles ?
Apparu en 1858, le vignoble contrairement Ă ce que l’on croit, fut contaminĂ© lentement.
Lorsque le Gard, le MontpelliĂ©rais, sont touchĂ©s de plein fouet, les PyrenĂ©es orientales, ne le sont pas encore… on y plante Ă tour de bras et la rarĂ©faction du produit maintient des cours Ă©levĂ©s.
Lorsque ces vignobles seront touchĂ©s (bitterois, narbonnais), la solution du greffage est dĂ©ja trouvĂ©e. Grace Ă un prodigieux enrichissement, la replantation sera facile…
La peur du manque de vin incitera les colons paysans d’Afrique du Nord Ă se lancer dans la viticulture. Sète, de port d’exportation de vin, ne va pas tarder Ă devenir un port d’importation…
Les germes des futures crises viticoles sont semés.


